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L’heure du Rhum ? A la Bonne Heure !

L'heure du rhum - Une tradition antillaise

Il n’y a pas d’heure pour le punch vous dirait-on aux Antilles ! C’est à heure fixe que le rendez-vous du rhum sonne. De la « Mise à feu » au « Ti 50% » du soir, la cadence pourrait être infernale.

Revoyons ensemble les heures d’affluence potentielle dans les « lolos » de Guadeloupe et autres « Débits de la régie » de Martinique.

Dès 5 heures du matin, le « décollage » ou « mise à feu » est la première heure. Au petit matin, à jeun, « décolé mabouya là » -il faut décoller le mabouya (NDLR : le mabouya est un lézard à ventouses qui se fixe sur les murs et attend immobile les insectes & moustiques). Le décollage peut être accompagné :
− de son « crasé » – verre d’eau plate, gazeuse ou mentholée, voir même soda, qui permet d’écraser le feu du rhum dans la bouche- ou
− du fameux « mabi » – décoction de plantes locales dans de l’eau – ou encore
− du « blanchard » – décoction martiniquaise avec des feuilles d’oranger et de la farine de manioc

Plus raisonnablement, nous avons le « rendez-vous de la ixe heure » (le X romain de la pendule bien entendu) pour les notables de la ville ou le « gazèz » pour les gens des mornes. Historiquement, la gazèz est une boisson gazeuse mais dans le cas présent il s’agit plutôt du volume que peut contenir cette dernière et les bulles du soda inexistantes…Vous entendrez aussi parler de « didico » en Guadeloupe ou de « macadam » en Martinique.
A 11 heure, c’est l’heure du « ti lagoutte » – La petite goutte de rhum -.
A Midi, le célèbre « ti punch ».
A 12h30, il est temps du « ti 5% » – lampée de rhum ne dépassant pas les 5% du premier verre -.

Dans l’après-midi :
A 15h, c’est « l’heure du Christ »
A 17h, le « ti pape pape » qui voit déjà poindre le « ti punch » du soir et sa farandole de 5%, 10%, 20% et autres 50%…

Mais au-delà des heures officielles, entre amis et dès le début de l’après-midi, il y a les incontrôlables et désordonnés « ti feu », « ti sec », « CRS » – Citron Rhum Sucre –et autre « pété pied » (celui qui mène couramment à la sieste). Nous n’oublierons pas la « partante » (ou comme on dit en Bretagne « – la Der – et on se connait plus !»), ce dernier punch à qui l’on reprochera le lendemain matin le mabouya fixé dans la gorge et la lourdeur de nuque…