Le rhum toute une histoire

Champ de canne à sucre- Punch Breton - Breizile

A travers l’histoire, le rhum antillais ou le cachaça brésilien ne sont pas toujours appelés ainsi.

Son appellation suit l’histoire de la canne à sucre et celle de son implantation aux Antilles.

La canne a sucre, originaire d’Asie, a été introduite aux Antilles à la fin du XVème siècle, par Christophe Colomb. Les premières plantations auraient été faites sur l’île d’Hispaniola (Haïti et Saint Domingue) d’où serait partie, en 1516, la première cargaison de sucre à destination de l’Espagne.

Au XVIIème siècle, vers 1640, que l’on commence à trouver trace, nous commençons à trouver trace dans les îles Caraïbe, d’une eau-de-vie tirée de la mélasse de la canne à sucre.

Dans les colonies françaises de la Caraïbe, occupées depuis 1635, les premiers écrits faisant état d’une eau-de-vie associée à la production sucrière sont ceux du Père Du Tertre (1667) qui fabriquera un appareil de distillation pour traiter écumes et gros sirops (termes anciens désignant la mélasse).

Au milieu du XVIIème, les termes guildive (de l’anglais kill-devil) puis tafia (terme d’origine africaine ou amérindienne), en francophonie, les noms de « tue-diable » et de « rumbullion » firent leur apparition pour désigner l’eau-de-vie de mélasse. Ce n’est que quelques années plus tard que le terme rhum (rum en anglais), terme originaire semble-t-il des Antilles britanniques, et provenant de rumbullion, l’emportera sur le terme tafia.

En 1694, le Père Labat perfectionne le procédé de production en inventant l’alambic. Le rhum devient un remède médicinale.

En 1731, l’Amiral britannique Vernon modifia la recette en mélangeant deux volumes d’eau pour un volume de rhum. Le plus souvent, un trait de jus de citron y était ajouté pour lutter contre le scorbut. Ce mélange fut bâptisé « grog » en hommage au surnom de l’Amiral Vernon qui portait toujours une veste dont le nom était « grogram » (gros-grain en anglais).

Plus tard, toujours aux Antilles, les Anglais avait également pris l’habitude de marier le rhum à plusieurs autres ingrédients : thé, sucre, citron, cannelle … Ils donnèrent à ce cocktail le nom « punch ».

Au Brésil, l’eau-de-vie de jus de canne à sucre s’appelle la Cachaça. Elle diffère de notre rhum blanc agricole, notamment par une fermentation plus longue du vesou, le jus de canne à sucre.